Évolution, compromis, bilan…

En Mars 2014, cela fera donc 3 ans que je suis végétalienne.
J’ai envie de faire un bilan.

Qu’est-ce qui a changé dans ma vie durant ces 3 années ?

Comme je le disais dans mon article  »Ma vision de l’exploitation animale », ma vision du monde et des principes qui l’animent ont été totalement transformés.

J’ai ouvert les yeux et accepté de voir en face la réalité de ce qu’il y avait dans mon assiette.
Ça a été brutal et très violent, vomissements, nausées, grosse phase de mal-être.
Seulement, et je sais que certains d’entre vous l’auront remarqué, il me semble que je suis moi même devenue violente pendant plusieurs mois.
Cette violence était verbale ou écrite (lors de débats par exemple), mais aussi psychologique (culpabilisation, jugement…)
Pourquoi ? Parce que je me disais  »pas de compromis lorsque des vies sont en jeu. »

J’en conclue qu’à ce moment là je devais être de compagnie peu agréable… et incapable d’avoir un vrai débat. Je me sentais incollable, connaissant arguments et contre arguments des  »omnivores » (puisque je l’avais été moi même) et j’avançais mes propres arguments, très sûre de moi, probablement à la limite de l’insolence.

Loin de moi l’idée de m’auto flageller, j’essaie plutôt de regarder objectivement dans le rétroviseur.
Je sais d’ailleurs que quelques proches ont essayé de me mettre en garde contre ce comportement.

Ensuite, il y a eu comme une seconde phase, je me suis radoucie, je dirais que j’ai compris qu’il valait mieux que je fasse attention à ma façon de m’exprimer, tant du point de vue lexical, que du point de vue comportemental (pointage de doigt, regard intense… vous voyez le genre…)
C’était déjà mieux n’est-ce pas ? Mais il manquait encore et toujours de la remise en question.
En soit, devenir végétalienne était une énorme remise en question, mais cela ne devait pas m’exempter d’aller encore plus loin. Il me semble que c’est pourtant un peu ce que j’ai fait.

Je vais à ce propos parler de ma santé.

Étant donné que pour des raisons éthiques (pour les animaux, pour la protection de l’environnement et pour le partage des ressources) le végétalisme était la voie que j’avais choisie, et, étant donné que cette voie n’était pas la plus facile, je me suis accrochée de toute mes forces à mon idée que ce que je faisais était bien.

J’étais convaincue, et prête à convaincre n’importe qui que, sur toutes les facettes possibles, mon choix de vie était forcément le meilleur.
La remise en question est passée par un tout petit chiffre sur une balance.

Je n’ai jamais été très épaisse. Au maximum je suis montée à 49kg pour 1m63.
Actuellement, et depuis les débuts de mon hiver québécois, je suis retombée à seulement 44kg.
J’ai toujours eu du mal à prendre du poids, et là, malgré une alimentation végétale équilibrée, riche et en quantité, impossible de regrossir. Pourtant avec les températures que je subis (souvent -25, -35 et pendant la période de froid polaire -50 !) je vous assure que j’ai besoin de carburant.

Je suis donc face à un dilemme : choisir entre mes idées et ma santé.
Je ne suis pas malade, mais je ne me sens pas dans une forme optimale…
Étant donné que je ne suis pas en situation de survie, je refuse de reprendre la viande.
Étant donné que je le supportais déjà mal avant d’être végétalienne, je refuse de reboire du lait.
Que me reste t-il alors ? Les œufs.

Je vais donc faire le test, personnellement, de reprendre quelques œufs par semaine et sous certaines conditions : biologiques, plein air… compromis, compromis…
Ça ne me fait pas plaisir.
Mais s’il s’avère que cela n’améliore pas la situation alors je remettrais l’expérience  »œuf » en question également.

Je ne veux plus me reposer sur des choses que je prenais pour acquises, je veux faire mes propres expériences et tirer mes propres conclusions, pour mon propre corps. Si je me trompe, j’apprendrais, et si j’ai raison, je veillerai à tout de même faire attention à ne pas me reposer sur mes lauriers.

Je vous remercie de m’avoir lue !

La Ma’ie

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22 réflexions sur “Évolution, compromis, bilan…

  1. Bonjour!
    J’ai lu dans un commentaire que les oeufs étaient « là où il y a le plus de souffrance ». Je ne vois pas la souffrance dans la production d’oeufs biologiques et en plein air. Les oeufs, c’est simplement comme les règles des poules. Bon ok en tant qu’humains pudiques ça nous dérangerait peut-être qu’on mange nos règles mais une poule… je sais pas si ça la dérange. Bien sûr l’industrie des oeufs, c’est horrible, mais ya moyen de faire ça bien. Je connais beaucoup de gens qui ont des poules, elles n’ont pas l’air particulièrement malheureuses. Après on peut discuter le principe d' »avoir » un animal. Mais c’est pareil avec les animaux de compagnie. Et puis nos poules ont quand même été domestiquées, je vois pas ce qu’elles feraient toutes seules dans la nature. Le lait par contre, séparer une vache de son veau, ça je trouve ça horrible. On devrait laisser le veau téter je sais pas une partie du lait et prendre le reste, ce serait déjà moins cruel.

    1. Salut,

      hélas, il peut y avoir de la souffrance même dans les oeufs bio et plein air, à cause des poussins mâles.
      J’en parle das cet article, à la partie sur les oeufs. https://marieturenne.wordpress.com/2014/01/05/ma-vision-de-lexploitation-animale/

      Malgré tout, plus tard j’envisage tout à fait d’avoir des poulettes en liberté et manger leurs oeufs. Je ne vois pas de problème à cela, et les poupoules mourront de vieillesse.
      Aujourd’hui je les choisis bio et plein air, j’en mange raisonnablement et je sais que ce n’est pas idéal, mais je n’ai pas de propriété adaptée pour le moment.
      Compromis !

      Et oui, tout à fait d’accord pour le lait.

      1. les œufs appartiennent aux poules, elles s’en nourrissent souvent et en produisent beaucoup plus quand on les leur enlève ce qui perturbe leur cycle… dans tous les cas prendre leur œufs revient à les considérer comme notre propriété => exploitation => immoral

        pour le respect des animaux non humains, arrêtons de leur prendre ce qui leur appartient, merci pour elleux.

  2. Depuis que je suis vegetalienne, je mange beaucoup plus qu’avant et surtout j’ai appris à cuisiner. Avant je faisais toujours les mêmes plats pas très élaborés mais efficaces. Ça m’ a ouvert les yeux : je mangeais mal et toujours la même chose. Je n’ai pas perdu de poids ou peut être au début ( je ne me pèse pas). Personnellement je sais que je ne remangerai jamais d’œufs parce que c’est à mon sens là où il y a le plus de souffrance (je donne mon sentiment, je ne veux pas du tout te faire culpabiliser, je précise au cas où). C’est vrai qu’on peut avoir des carences et c’est vrai aussi qu’il faut être plus vigilant lorsqu’on devient vegetalien. On oublie souvent de dire que oui il faut se supplémenter en B12 (+en vitamine D pour moi qui ne vois pas trop le soleil). J’espère que tu trouveras ton équilibre entre santé et convictions 🙂

  3. après avoir lu ton article, je ne peux que dire une chose… ton corps manque de glucides!
    je ne parle pas de sucre blanc bien sure, mais du sucre des fruits, les oeufs même si ils font présentement office de béquille ne t’aideront pas sur le long terme, renseigne toi sur le mode de vie 80/10/10 🙂
    parmi tant d’autres youtubeurs/ses il y a ces deux la qui expliquent plutôt bien:
    https://www.youtube.com/user/GOGOODGirlsFIIT
    https://www.youtube.com/user/doucefrugalite

    voila de quoi etre en pleine forme sans faire de compromis, niveau produits animaux au moins ^^

    1. Merci, mais je me suis déjà renseignée sur ce type d’alimentation, je vais poursuivre les investigations, mais je ne suis pas convaincue.
      C’est gentil toutefois de me faire parvenir de l’info pour m’aider !

  4. Je ne prétends pas avoir la solution, mais est-ce qu’en mangeant plus de fritures, d’oléagineux, de bananes… ça ne marche(-rait) pas ?
    Bonne continuation pour reprendre du poids en tout cas (brr quel froid par chez toi !)

    1. L’ennui au Canada, et surtout la région dans laquelle je me trouve, c’est que question variété de fruits et légumes, c’est mort.
      Et l’exportation de produits, non bio en plus, ça ne m’enchante pas.

      J’ai fait une alimentation végétale la plus riche et la plus variée possible déjà.

      Je n’ai pas eu d’autre solution, et en terme de tonus, résistance, et prise de poids, j’ai vu avec la reprise d’ œufs de temps en temps une très grosse différence.

      Je suis donc une végétarienne qui ne boit pas de lait, mais plus une végétalienne.

      Si je rentre en France avec toute la variété de nourriture disponible, je pourrais sans doute arrêter les oeufs de nouveau !

      1. Je pensais notamment aux plats un peu gras, aux frites, aux nems etc.
        Après y a pas de recette miracle, j’imagine, pas facile.
        Je pensais pas qu’il y avait moins de variété au Canada (pays malheureusement méconnu pour ma part -grr)

      2. Mon fiancé est un excellent cuisinier et la friture il aime ça, et comme on doit tous les deux grossir, on se fait plaisir.
        Mais on est du genre à manger comme des ogres sans prendre un gramme.

        Sinon pour le Canada, dans les grandes villes ça doit être différent mais moi je suis dans la région du lac St-Jean, des villages, et la nourriture est pas mal chère à vrai dire… et surtout les fruits, légumes et légumineuses…
        La viande est bon marché…

        Sinon pour l’anecdote, ici la quinoa est un produit de LUXE. Tellement cher, j’en croyais pas mes yeux ! Dommage en France c’était mon chouchou.

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