Zoo et pékan foldingo. Tristesse.

Intro pas joyeuse

Ce vendredi 28 Mars 2014, j’ai vécu une expérience qui m’a fait du mal.
Je suis allée au zoo. Non. J’ai été obligée d’aller au zoo.
On s’entend que je n’y serais pas allée spontanément.

Je ne me souviens même plus si étant petite j’étais déjà allée dans ce genre de place, en tout cas je n’en ai pas de souvenir.
Cette visite en revanche, je ne suis pas prête de l’oublier.

L’idée que je me faisais des zoos

Le zoo et moi, ce n’était déjà pas une histoire d’amour.
Pour savoir pourquoi, hop, un peu de lecture : ma vision de l’exploitation animale.
Mais, me direz- vous peut-être, quand on lit des article tirés de « les zoos c’est le mal . com » (oui oui, je m’autocaricature), on peut se dire que tout cela manque d’objectivité.
Il est vrai que, jusqu’à cette visite, je ne connaissais des zoos que deux choses :
– ce qu’en disent les zoos (« les zoos c’est super, on sauve des zanimos et ils sont happy, youhou la vie est belle »)
– ce qu’en disent les protecteurs des animaux (relire mon article sur l’exploitation animale).

Du coup, je comprendrais que l’on me reproche de parler sans avoir vu de mes propres yeux.

Ce que je m’attendais à voir au zoo

Je savais que le zoo en question (non, je ne le citerai pas) est loin d’être le pire.
Je savais qu’il est même cité en modèle dans son genre, « grands » espaces, pas de cages…
Enfin je savais tout de même que j’allais voir des animaux hors de l’état de nature, et rien que cela, ça ne me faisait pas plaisir.

Ce que j’ai VU

J’ai vu des animaux tout mous (je veux dire qu’on aurait dit de belles peluches bien faites mais où manquait la vivacité), s’approchant quand la guide klaxonnait parce qu’ils croyaient que c’était l’heure de la pâtée….
J’ai vu des lynx du Canada, des couguars, des orignaux, des caribous, des loups, des ours noirs, des ours polaires, des carcajous. J’ai vu des animaux tous plus beaux les uns que les autres, ça, je ne peux le nier.
Ouvrez un livre de photos d’animaux du monde ou tapez ces noms sur un moteur de recherches, vous ne pourrez que les trouver beaux.
Oui mais…

Pourquoi j’aurais préféré ne pas voir ces animaux au zoo

Lors de ma première semaine au Québec, j’ai eu la chance de me balader dans la Forêt Montmorency. Et plus encore, j’ai eu la chance de croiser deux oursons d’ours noir, sans m’y attendre. Merveilleuse surprise offerte par Dame Nature.
20 secondes ? 30 secondes ? Je ne saurais dire pendant combien de temps ils ont régalés mes rétines de leurs gros cucul velus et dandinants avant de disparaitre dans la forêt.
Saurais-je seulement vous décrire l’indicible bonheur de voir ces deux boules de poils sauvages croiser mon chemin ?
J’en ai pleuré de joie.
Je n’ai pas eu le temps de les prendre en photo, mais je sais que leurs silhouettes maladroites et pataudes seront gravées pour un bon bout de temps dans ma mémoire.
Pourquoi ?
Parce qu’ils étaient à l’état de nature, sauvages, libres et que j’aurais pu ne jamais les croiser.

J’estime que payer (dans mon cas c’était une sortie scolaire obligatoire et notée, donc gratuite, mais passons), je disais donc que j’estime que payer pour voir des animaux en captivité n’est aucunement une chance. Il n’y a aucun mérite à croiser ces animaux, ils sont là pour ça. On doit les voir.
Je ne suis pas heureuse d’avoir vu les loups immobiles et blasés, les lynx s’approchant car ils croyaient qu’on allait les nourrir, pas heureuse non plus d’avoir vu des ours polaires dans une trop petite piscine de béton.
J’aurais préféré ne jamais les voir plutôt que les voir dans ces conditions artificielles de rencontre programmée et lucrative.

Le cas du pékan au comportement stéréotype

Pour introduire mon propos, je vous propose de lire un extrait du livre Les animaux sauvages en captivité : Introduction à la biologie des jardins zoologiques, Payot, Paris 1953, par le biologiste Heini Hediger (1908-1992).
Il savait de quoi il parlait ce Monsieur, il a été le Directeur du jardin zoologique de Zurich, en Suisse.
Je le laisse vous expliquer ce qu’est un comportement stéréotype, il le fera mieux que moi :

« Plus que le manque de confort, c’est l’ennui qui transforme la vie des animaux en zoo en pur cauchemar. Dans la nature, les bêtes consacrent l’essentiel de leur temps à chercher de la nourriture. Comme le reste de la création poursuit le même but, ces mêmes bêtes vivent dans un état de perpétuelle attention, pour éviter de se faire manger, tout simplement. Une branche qui craque, une odeur apportée par le vent, un bruit bizarre les alerte : ami ? Ennemi ? Il faut savoir et vite. Leur vie est une perpétuelle  montée d’adrénaline. (.) Dans la nature, rien n’est indifférent. Dans un zoo, des soigneurs préparent des nourritures délicieuses et équilibrées. Aucun assassin ne menace personne. Il n’y a qu’à se laisser vivre. (…) Sans le stress, l’excitation engendrée par le monde sauvage, elles [les bêtes] s’ennuient. Les ours tournent en rond, les éléphants se balancent d’une patte sur l’autre, les tigres arpentent leur plateau, les lions lèchent leurs barreaux. Comme il n’y a rien à faire, on invente quelque chose quand même, gestes idiots et inutiles  pour que ce monde du rien soit un peu moins vide. Ces comportements répétitifs à l’infini s’appellent stéréotypes »

Force est de constater que si en 1953 ce Monsieur écrivait des livres pour essayer de régler ce problème, il est toujours bel et bien d’actualité.

J’ai vu un pékan tourner en rond, sans s’arrêter, tourner, tourner, tourner, tourner, encore et encore et encore, tourner, toujours le même chemin, creusant et creusant sa trace dans la neige, à l’infini.

Mais pourquoi ce pékan tournait-il en rond ?

La guide a fait son boulot en essayant de nous faire croire que le pékan est un animal enjoué et que ce comportement n’avait rien à voir avec de l’ennui.
Elle avait l’air d’y croire. D’ailleurs beaucoup l’ont crue.

Moi j’ai compris. Je savais que ce comportement n’avait rien de naturel, rien de sain.
J’ai même reconnu dans ce petit animal, le comportement de certains patients gravement malades mentaux dont je m’occupais quand c’était encore un de mes métiers, dans une autre vie, dans ma « jeunesse » en France.

J’ai senti le malaise de ce mustélidé rien qu’en le voyant tourner ainsi.
Et j’ai eu envie de vomir.

Le domaine vital d’un pékan est en moyenne de 20 km2.
Faut-il que je précise que mon petit ami velu n’en avait pas même un seul ?
Ajoutez à cela tous les paramètres différents de l’état de nature : absence de chasse, absence de prédation, reproduction contrôlée, pas d’abri à se dénicher… moi aussi je crois que j’aurais pété ma coche.

En conclusion…

Il est tard le soir, je suis en boule sur mon canapé, j’ai écrit d’une traite, oubliant même de manger.
J’avais besoin d’écrire tout ceci, comme pour évacuer.
Le petit pékan n’ira pas mieux parce que j’ai écrit.
Mais je voulais que l’on connaisse son histoire.

Je crois qu’on fond j’ai envie de vous demander ce que vous pensez de tout cela.
Êtes-vous déjà allés au zoo ? Qu’en avez-vous pensé ? Avez-vous déjà vu des comportements stéréotypes ?

Cette conclusion n’en est pas une. Rien n’est achevé, rien n’est réglé et les questions demeurent.

Au moins maintenant je suis allée au zoo, et par expérience je sais pourquoi je ne veux plus jamais y retourner.

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4 réflexions sur “Zoo et pékan foldingo. Tristesse.

  1. http://www.parc-de-courzieu.fr/accueil.html
    Ici, c’est la même. J’ai donc supprimé les sorties dans les zoos pour les enfants, ne gardant que les parcs animaliers, où l’animal reste en liberté, et où de plus, c’est encore plus intéressant pédagogiquement pour l’enfant de chercher à le voir… J’adhère donc entièrement à ton article. merci de ton coup de gueule!

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